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 Des flocons de neige aux grains de sable [SOLO]

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MessageSujet: Des flocons de neige aux grains de sable [SOLO]   Jeu 8 Sep - 15:25

Des flocons de neige aux grains de sable

Voyager jusqu'à Krome n'est pas de tout repos, je m'en serais doutée, mais je ne pensais pas que c'était si loin. Après que Xenosia m'ait quitté, j'ai suivi les indications qu'elle m'avait données. Mes pieds traînants dans la neige, les vêtements humides, mon corps tremblant sous les bourrasques glaciales et ma progression parfois interrompue par un hurlement effrayant qui devait venir d'une bête vraiment horrible... Le premier kilomètre parcourut, je regrettais déjà que nous nous soyons séparés, même si elle m'a offert tout ce dont j'avais besoin pour survivre... Sauf de la protection.

Le plus dur a été de traverser les Montagnes Seto. Leurs noms et les récits des nombreux dangers qui vivent m'ont été appris par le barde d'une petite auberge dans laquelle j'ai pu trouver refuge pour la nuit. J'avais progressé assez rapidement, préférant ne pas passer de nuit seule dans la neige. Grâce à l'argent que m'a confiée l'Elfe, j'ai pu m'offrir une couche au chaud et au sec, accompagnée d'un repas chaud à base de légumes. La soirée près du feu à écouter les contes et récits en chanson avait été très agréable et j'aurais adoré rester ici avec eux, et ensuite ? Il ne semblait pas avoir besoin de plus de bras pour tenir l'auberge et une fois toutes mes pièces d'or écoulées et mes chances avec Xenosia gâchées, qu'est-ce que j'aurais fait ? C'est pour ça que ce matin, je me suis levée de bonne heure. Plus je me lève tôt, plus je pourrais parcourir de distance pendant la nuit.

Ce matin, je prends la route alors que l'air est encore glacial et que le soleil pointe à peine le bout de son nez. Je sens mes muscles douloureux et mes jambes ankylosées par ma longue marche d'hier. Je n'ai pas pour habitude de marcher autant. Je devrais peut-être prendre un peu de repos, mais si le deuxième jour, je renonce déjà à avancer, je n'arriverais jamais à Krome. La serveuse de l'auberge m'a indiqué la route la plus sûre, ce n'est pas la plus courte, mais c'est la route qu'empruntent les caravanes qui approvisionnent les villages alentour. J'ai pu lui acheter une carte sur laquelle elle m'a indiqué notre emplacement, ma destination... Oh mon dieu, c'est vraiment loin... Et la route des caravanes. Elle m'a même affirmée que si j'arrivais à les rattraper, je saurais y trouver ma place pour qu'ils m'accompagnent jusqu'à la frontière. C'est pour ça que je suis partie tôt et que je presse le pas, mais j'aurais peut-être dû partir plus tôt encore.

Sur les routes, je peux voir les empreintes de nombreux chevaux et autres créatures que je ne reconnais pas, mais aussi des traces de pas et de roues de chariot. Je les suis depuis des heures alors que le soleil descend déjà de plus en plus. Des fleurs hivernales gelées bordent la route alors que les arbres à épines semblent être les seuls qui parviennent à pousser ici. Les traces me donnent l'espoir de les rattraper, que je ne suis pas loin, sans me laisser les apercevoir. Je suis épuisée. J'ai fait une pause en milieu de journée le temps de manger un morceau de pain et de fromage avec un fruit et je ne me suis plus arrêtée. Je ne sais pas combien de temps va encore tenir mon corps à ce rythme. La nuit va tomber d'ici peut-être deux heures et mon rythme de marche à bien ralenti. J'ai l'impression de traîner mes jambes par terre plutôt que de marcher. L'horizon me semble tellement loin encore que la sensation de ne pas progresser. C'est alors qu'une odeur chaude et une lumière douce se firent présence m'offrant un nouvel espoir. Je presse le pas pour voir, installé dans une prairie glacée, des attelages et des marchands qui se restauraient autour d'un grand feu de camp.

Le soulagement me fait pousser un soupir alors que j'avance vers la caravane au repos lorsque le doute m'assaille. Ils ne vont peut-être pas vouloir que je les accompagne... Est-ce que je vais oser le leur demander ? Je n'ai pas à me questionner plus longtemps, me rendant compte qu'un homme bourru, aux cheveux sombres, la barbe hirsute et la musculature imposante, s'approche de moi :

- Qui es-tu ?
- B-Bonsoir... Je ne voulais pas vous déranger je... Je m'appelle Polymede et euw... Je me dirige vers Krome... O-On m'a dit que.. Que les caravanes ne passent pas loin de la frontière et...
- Je te fais peur ? Ahahah ! Calme-toi petite, on ne va pas te manger, tu es bien trop maigre. Viens avec moi.


L'homme qui m'a d'abord semblait froid et austère m'invite à prendre un repas et du repos près de leur feu. C'est vrai qu'il me fait un peu peur, il est quand même vraiment impressionnant, est-ce que je fais bien de le suivre et de lui faire confiance ? Avec tout ce que j'ai entendu dire en quelques heures à peine, il a dû penser que je pourrais être une menace ou un trouble-fête, a moins que ce ne soit lui, la menace... Arrivée au campement, on m'offre un bol de soupe bien chaud et une peau sèche pour me couvrir. Certains semblent curieux et mon mutisme en rend d'autres méfiants, mais l'ambiance est globalement chaleureuse. On me noie de question sur moi, sur mon monde et aussi beaucoup sur mes cheveux. J'essaie de ne pas me laisser aller comme avec Xenosia en donnant des réponses assez impersonnelles et évasives. Au fil de la discussion, on me propose de rester, je paierais ma place ici en m'occupant de la nourriture, que demander de mieux ?

Le lendemain, on me réveille avant le soleil pour préparer le petit-déjeuner. Je rejoins le chef cuisinier et suis ses instructions, jonglant entre les ingrédients familiers et ceux que je ne connais pas. De nouveaux parfums, de nouvelles saveurs. Je goûte un morceau de tout, voulant apprendre, savoir, comprendre et marier au mieux les aliments entre eux. Je ne prends qu'un rapide petit-déjeuner et me sauve vers les montures, leurs traces avaient éveillé ma curiosité hier. La caravane commence à se réveiller et petit-déjeuner alors que j'observe ces animaux. Il y avait des chevaux et des ânes, quelques bœufs, mais je n'aurais pas put identifier les autres bestioles qui grattaient le sol à la recherche de nourriture.

- Ils sont beaux hein ?
- Q-Quoi ?!
- Là, ce sont des Chavals. Tu veux m'aider à les nourrir ?


Je regarde le garçon, les yeux écarquillés. Il m'avait surprise et mon cœur bat à tout rompre dans ma poitrine. Il a l'air d'avoir environ mon âge, mais bien plus mature que la plupart des adolescents. Son sourire est gentil, chaleureux, sa peau basanée jure avec le décor blanc et ses cheveux sont en bataille sur son crane. Une exclamation de joie lui échappe alors que j'accepte de l'aider. Nourrir et seller les bestioles est plus physique que de cuisiner, mais c'est un vrai bonheur d'être en contact avec ces animaux.

La caravane s'ébranle alors qu'il fait enfin claire. On m'a rappelé à mon poste principal pour commencer à cuisiner le repas du midi. Cuisiner pour autant de gens est long et fastidieux, mais je découvre encore de nouveaux ingrédients, je fais de nouveaux mélanges et chacune de mes journées se passent comme ça pendant plusieurs jours. Levé avant le soleil, petit-déjeuner, s'occuper des bêtes avec mon nouvel ami qui semble s'être pris d'affection pour moi. Le matin, je prépare le déjeuner, l'après-midi le soupé. Les repas sont toujours animés par des discussions, des histoires et de la musique. Ils sont bons vivants et c'est très agréable de vivre à leurs côtés. Chaque jour, j'apprends de nouvelles choses, de nouveaux mélanges, je découvre de nouvelles bêtes, de nouvelles plantes et quand tout ce calme, Yoann et moi, nous éloignons pour profiter du silence de la nuit et du paysage. Il me parle de son monde d'origine sans vraiment me questionner sur le mien, il a bien compris que les questions me mettent mal à l'aise. Il est plutôt bavard et c'est agréable de l'écouter, rire et s'émerveiller. Peut-être que je devrais rester avec eux...

J'y pense de plus en plus, au fur et à mesure que les jours passent, que j'apprends des choses et que je commence à les connaître. Je me suis familiarisée avec les Chavals qui sont des grands félins aux longues pattes qui aident à tirer les attelages. Plus nous nous rapprochons de Krome, plus je me sens triste. Mais je sais que rester avec eux serait une mauvaise idée même si Yoann essaie de me convaincre du contraire. C'est surement lui qui va le plus me manquer, mais je ne peux pas renoncer à mon entraînement alors qu'il n'a même pas encore commencé, que je n'ai même pas encore essayé.  

Ce soir, nous nous sommes encore isolés du reste du groupe. Assis sur un rocher glacé, on pouvait voir que la neige commençait à fondre, le temps devenait plus chaud et plus on avançait, plus ça se confirmait, nous approchions de Krome. Cette région ne me fait pas rêver de ce que j'en ai entendu, un désert, des ruines... Mais si Xenosia estime que c'est le meilleur endroit pour commencer alors ça l'est. Nous sommes plutôt silencieux ce soir, plus on approche de la fin du voyage, moins on a de choses à se dire, mais on apprécie quand même le simple fait de passer du temps ensemble. C'est là qu'elle est arrivée. Elle s'est approchée dans notre dos, le bruit de ses pas qui écrasent les flocons de neige au sol nous ont avertis de sa présence. Elle n'est pas moche, pas hideuse, elle ressemble à une grosse peluche maigre aux poils touffus, mais il y a quelque chose de malsain chez elle. Je ne sais pas si c'est sa démarche désorganisée ou le fait qu'elle n'ai pas d'yeux, peut-être aussi le simple fait qu'elle soit vivante, mais elle me terrorise. Elle en a après nous et l'expression du visage de mon ami n'indique rien de bon. Un monticule de neige bouge non loin et une autre de ces créatures en sort, puis une troisième, une quatrième.

- COURS !

On court, de toutes nos forces, nos mains se serrant fermement de peur de se perdre. Nous avons sprinté le plus vite possible, trébuchés de nombreuses fois dans la panique. On a couru, elles nous suivaient de loin. Elles sont cinq, peut-être six, nous ne nous sommes pas arrêtés jusqu'au campement. En arrivant, mon ami à commencer à cirer pour alerter tout le monde. Chacun se munit d'une torche, ceux qui n'ont pas de torche s'emparent de bâtons de bois et ils partent à la rencontre de ces effrayantes créatures. Mon corps tremble de toute part, les larmes coulent sur mes joues, ma gorge me brûle et mon souffle est saccadé alors que Yoann me prend dans ses bras pour me réconforter.

- Ne t'en fais pas, ces Goules sont très dangereuse quand on est seul et désarmé, mais là il ne risquent rien.

Le lendemain, on a eu deux corps en enterrer. Ce fut une journée de repos et de deuil pour tout le monde. Terminé, nos petites escapades avec mon ami, terminé les cris de joie et les rires autour du feu. Certains ont perdu un mari, d'autre un frère, d'autre encore un cousin, mais ils avaient tous perdu deux amis. Je me sens en partie responsable de ce qui est arrivé, personne ne me reproche rien pourtant, ça rend les choses peut-être plus difficiles encore. Le reste du voyage s'effectua dans le calme et dans le sérieux jusqu'à la frontière entre les deux nations.

Les « au revoir » fut déchirant. Surtout avec le chef cuisinier qui appréciait ma soif d'apprendre et mon application et Yoann qui appréciait mon amitié. Je crains de ne jamais les revoirs même si j'espère que nos routes se recroiseront un jour. Les larmes furent versées et les encouragements prononcés. Je déteste les adieux, mon cœur est lourd. Avant de me laisser partir, j'ai eu droit à une importante dose de conseils. On m'a indiqué la position de Platt sur la carte en me disant quelle route suivre, les endroits à éviter et les dangers potentiels. Un m'a confié une dague pour me défendre au cas ou et on m'a donné beaucoup d'eau, me précisant des points où je pourrais me ravitailler ainsi que les chaleurs abominables du jour et le froid glacial de la nuit.

Il n'y a presque plus de neige sur le sol, je regarde la caravane s'éloigner et Yoann me faire des grands signes de main en hurlant que l'on se retrouvera. Je me sens heureuse et chanceuse. Je n'ai jamais fait de plus belles rencontres que ce groupe de voyageur qui m'a offert une nouvelle vision des choses et une expérience pour laquelle je ne les remercierais jamais assez. Je commence à marcher sur ce nouveau territoire, mes pieds foulant le sol alors que la neige laisse peu à peu sa place au sable. Je ne regrette finalement pas que Xenosia m'ait laissé faire mon propre chemin.
(c) Alyss (Kanade A. J. Rye)
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